Transcription
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Reçue à Grenoble, le 21 mars 1573.
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Monsieur, je suis bien fort ayse davoir la commodité de vous escrire la prezante pour
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vous faire entandre dez novelles de ce pays, lesquelles sont que, graces à Dieu, tout
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s'y porte bien, chescung prand peine à se garder, la jalosie y est grande voiant
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les surprinzes que se font delà le Rosne et asseurés-vous que cela nous
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tient en grand craincte et faict que chescung faict bons garde, si bien
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que jusques à ceste heure, il n'y est venu aulcung ynconveniant, et
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à prezant, il est venu commissaires {barré : pour] en ce pays pour faire porter vivres
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au Montelimar. Cela estone fort le peuple pour estre en saizon extroicte
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et aussi quilz tiennent la cotte fort grande, si bien que ce povre vilage
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nen sera quite pour cent cinquante escutz, et la vile de Nions pour plus
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de quatre centz. Cela les estone fort, ayant desia faict despance et font
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journellemant pour la garde de leur ville ayant souldatz extrangiers
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que leur couste beaucoup. Cela est cauze quilz sen vont vers vous
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pour vous suplier, comme aussi je foys de ma part bien humblement
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les vouloir descharger de ceste contribution, atandu la grande
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despance quilz font en leur garnizon et quil vous plèze, monsieur,
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havoir pitié de ceulx de ceste vile de Venterol ^ [^ car ilz sont fort povres]; et aussi je leur
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fois faire garde nuict et jour. Et nayant aultre subgect digne dalongir
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la prezante, je la fineray par mes très humbles recommandations que je
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prezante à toutes voz bones graces et suplie le Createur vous doner
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monsieur, en toute prosperité, santé longue et heureuze vie. A Venterol,
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ce 19 mars 1573
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Votre bien humble et hobeissant serviteur
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P: durre E: de Viviers
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